Christophe Dellocque fait sa Sylvie Joly

 

Collaboration artistique :

Sylvain Maurice

 

Production Comme il vous plaira

 

 

avec 

Christophe Dellocque

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Quel fil invisible relie le comédien Christophe Dellocque à Sylvie Joly, cette virtuose du rire à l’humour noir et sans concession, qu’il n’a jamais rencontrée mais dont l’incroyable choucroute blonde et la bouche soulignée d’un rouge très rouge l’ont marqué pour toujours ?

Sans caricature ni travestissement, il nous dévoile son parcours sur les traces de cette grande dame du music-hall, pionnière du one-woman show.

Il s’approprie son répertoire, en joue tous les personnages devenus cultes – bourgeoises arrogantes et névrosées, gourdes décervelées, bobos frustrés, artistes incompris … et signe lui-même d’autres textes à la manière de Sylvie Joly qui témoignent de cette complicité inaltérable qui l’accompagne depuis

l’enfance …

Voià qui boucle jolyment la boucle !

 

SYLVIE JOLY ET MOI

J’ai vu Sylvie Joly pour la première fois à la télévision dans les années 70, dans une émission de chansonniers qui s’appelait « Alors raconte ». Elle y présentait quelques uns de ses sketches, avec son incomparable silhouette surmontée d’une choucroute blonde. Je ne comprenais pas grand-chose aux personnages qu’elle interprétait, mais sa seule présence m’intriguait et me réjouissait.

 

Au point qu’adolescent, j’ai acheté les 33 tours de ses sketches que je connus très vite par cœur. Cette manière qu’elle avait de croquer un personnage en trois minutes, par la voix, me faisait hurler de rire à chaque écoute. Quand je suis venu vivre à Paris, je l’ai vue au Palais des Glaces. Là, c’est le corps, le dessin très précis et minimaliste qui m’ont impressionné. J’ai revu Sylvie Joly plusieurs fois, au Lucernaire, à La Cigale, au Théâtre des Mathurins.

 

J’ai toujours pensé qu’on ne rendait pas assez justice à cette femme d’esprit qui, avec Zouc, a ouvert la voie du one woman show et à qui on a beaucoup emprunté sans jamais reconnaître vraiment son influence. Pourtant, sa silhouette, sa dégaine, sa présence, son humour noir et sans concession ont, à mon sens, fait beaucoup pour l’émancipation des femmes sur scène. Sans elle, pas de Muriel Robin, de Valérie Lemercier, de Florence Foresti …

 

MOI ET SYLVIE JOLY

Il y a cinq ans, j’ai retrouvé dans ma bibliothèque d’adolescent le recueil de sketches de Sylvie Joly, « Ca va, ça va, faut le dire vite » (Stock). Vivant alors à Phnom Penh, au Cambodge, je me suis mis à imaginer une lecture de certains sketches pour divertir quelques amis.

 

« Christophe Dellocque fait sa Sylvie Joly » : l’ambiguïté de cette phrase m’a plu : faire ma Sylvie Joly, c’était à la fois faire entendre « ma »Sylvie Joly, m’approprier son répertoire, mais aussi jouer sur l’expression « faire sa », comme on dit d’une gamine « elle fait sa chipie ». Comme si « faire sa Sylvie Joly » était devenu une expression courante, qui montrait à quel point ses sketches, en traversant les décennies, ont impacté l’inconscient public et la représentation de types sociaux. L’humour de Sylvie Joly fonctionnait toujours, y compris auprès d’une génération qui ne l’avait pas connue…

 

De retour à Paris, j’ai eu envie d’aller plus loin. Le contexte politique, la représentation théâtrale nous interrogent sur la théorie du genre. Michel Fau crée un personnage de travesti d’opéra-bouffe, Guillaume Gallienne incarne sa mère… L’enjeu est de donner à voir la féminité d’un homme sans fard et sans accessoire. Mais dans chacun des cas, le trouble est installé : c’est un homme qu’on voit sur scène mais ce sont des femmes qui y sont représentées, sans que l’homme disparaisse à aucun moment.


Les modèles de Sylvie Joly se sont réinventés dans la vie politique et médiatique : les bourgeoises arrogantes et névrosées sont restées les mêmes, mais la manif pour tous est arrivée, avec son défilé de femmes inébranlables dans leurs croyances dépassées, de nouvelles « coiffeuses » sont apparues avec la télé-réalité qui a réinventé les gourdes décérébrées. Les bobos sont les descendants de la gauche caviar.

 

Sylvain Maurice, vieux complice retrouvé dans la joie et la légèreté de ce projet, m'a demandé d'en dire davantage sur moi. Il m'a amené, dans l'écriture et dans le jeu, à lâcher des choses finalement très intimes sur mon parcours. Même si le spectacle ne raconte pas ma vie, pas plus que celle de Sylvie, il y est autant question de moi à travers elle, que d'elle à travers moi.

 

Et comme Rastignac, héros balzacien, lançait un guerrier "A nous deux, Paris !", je termine le spectacle par un affectueux "A nous deux, Sylvie !" comme si nous trinquions tous les deux, heureux de cette rencontre au delà de la vie et de la mort.

 

Christophe Dellocque

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